L'Hymne à la femme
L’Hymne à la femme
Mesdames, mesdemoiselles, je sais que vous êtes montées au front, une casserole à la main, en exigeant qu¹on vous regarde et qu¹on vous respecte, autrement, que pour de simples ménagères, œuvrant derrière les fourneaux et frottant les langes de vos bambins.
Même si vous aurez bien des chances d’être remises à votre place, si d’un petit air de vainqueur, vous pensez instruire les indigènes d’un pays dit sous civilisé, et où la femme en est encore à l’esclavage, je me dois de vous rappeler que ça pourrait être mal perçu.
Rappelez-vous que le mouvement de la libération de la femme est très jeune, et que dans le canton d¹Appenzell, en Suisse centrale, la première femme ayant pu voter comme les hommes, ne put le faire qu’après les années soixante-dix. Comprenez, même si c’est dur, que certaines femmes se complaisent dans cette vie, et que ce n’est pas parce que vous êtes rédactrice en chef d’un magazine de mode, que vous allez faire envier toutes les femmes, de toutes ethnies confondues.
Je vous vois déjà fumer à côté de votre petit amoureux, lorsque vous marchanderez des fruits ou autre chose, et que le commerçant ne parlera qu’à votre chéri. Ne l’agressez pas pour autant, sous prétexte que c’est injuste. Jouez la douce et timide épouse, car dites-vous bien, que suivant quel pays, être ensemble, c’est être mariés.
Je sais que cet effort est pénible, aussi, lorsqu’on parle à votre amoureux, et qu’on vous ignore, allez regarder des tissus, par exemple, ou sentir la bonne odeur des épices. Votre compagnon n’en sera que plus respecté, même si à la maison, c’est vous qui le menez à la baguette. Et oui !!!
Et puis, chères amies, n’oubliez pas que l’histoire de l’humanité le prouve, ainsi que certaines mœurs, vous n’avez pas attendu de pouvoir voter, pour démontrer à ces petits mâles, vos talents de diplomate et de dirigeante. Votre façon de mener par le bout du nez ces grands machistes, tout au long de nos nombreuses civilisations le démontre. À commencer par l’Egypte et ses femmes de tête, n’utilisant leur pharaon que pour leur donner une armée de beaux et costauds guerriers. Et étant bien plus habiles dans les négociations que leurs homologues à biceps.
Plus près de nous, et encore aujourd¹hui, combien de « bellissimo » et fougueux petits machos du pays de la botte, rentrent des plages où ils sont allés rouler des mécaniques et montrer leur caleçon moulant, la queue toute rapetissée et en accordéon, tant la peur des foudres de la mama, regardant la montre, rouleau à pâte en main et prêt à frapper, les tétanise. Inutile de vous remémorer d’autres épisodes de l’histoire, où même, si la femme fut jugée impure, ou jamais autorisée à laisser fourrer son nez dans les affaires des hommes, son intelligence surpassa le plus souvent les muscles, et sut tirer les ficelles, malgré sa position, apparemment soumise, en lui permettant de garder la tête haute, sans trop se faire sentir idiot, son dulciné de mari, amant et j’en passe. Et puis, à une échelle plus contemporaine, et plus près du peuple, je ne vais pas vous rappeler cette douloureuse réalité de l’existence, où l’homme, accroché au bar du quartier, vante sa façon de mater sa femelle aux copains, alors que dès qu’il a fermé la porte de chez lui, il n’a de conquérant envers la gent féminine, que son petit zizi. Et encore, car ce dernier semble toujours lui créer bien des doutes, que bien des femmes doivent estomper par toutes sortes de simulations et de paroles réconfortantes, apaisant ces intérieurs de grands garçons pas si simples qu’on veut bien le dire. Et permettant à ces sensibles époux, de continuer à vivre leurs fantasmes et flatter leur ego, sans réaliser une seule seconde, combien ils sont dépendants et à la merci des grâces de leur si « faible » épouse.
Ne dit-on pas souvent, que c’est la femme qui porte le pantalon ?
Je suis donc de tout cœur avec vous mesdames, mais de grâce, n’allez pas jusqu’à leur faire porter la jupe, car au rythme ou ces chers époux nous poursuivent, nous les libertins, nous n’arriveront plus à faire face à cette cohue et ce, même si ces mêmes grands garçons et papa pour certains, restent à n’en pas douter, les meilleurs sujets pour les parties de jambes en l’air.
© 2008 - Didier Leuenberger - Tous droits réservés.

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