La Mort
L'emportons-nous cette douleur, une fois la mort invitée à notre éradication ? Sans doute est-ce l'une des seules choses avec l'amour, que nous emportions avec nous. Et ce n'est pas si mal.
La mort, cette injuste faucheuse arrivant souvent lorsqu'on s'y attend le moins. Lorsqu'on avait enfin l'impression de toucher au bonheur. De l'avoir enfin attrapé en plein vol… Ne faisant que le rendre plus précieux, certes, mais nous volant du temps que l'on s'imagine appartit et gagné.
Cette mort, cette horrible créature pour certains peuples, que l'on craint ici et que l'on vénère ailleurs. Un monstre venu nous reprendre ce qu'on pensait être un dû. Mais la vie est bien ce qui nous appartient le moins sur cette Terre. Quel dommage que nous n'en prenions pas plus conscience. Nous la savourerions sans doute toute autrement… La choierions comme il se doit.
Cette faucheuse étant venue frapper si souvent à notre porte, je pourrais presque la décrire. Il me semble même l'avoir vue dans les bois, alors que je courrais dans la forêt pour lui échapper. Je jurerais quasiment l'avoir aperçue caresser le visage de maman, et me regarder ensuite avec défi, avant de s'engouffrer dans le plafond pour me laisser avec toutes les questions que l'on peut se poser après çà
L'ai-je goûtée cette impudente. Cette démente qui viendra me frapper un jour. Le plus tard possible, j'espère, mais je l'attends. Et mieux vaut-il être prêt.
didier leuenberger

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