J'ai pas voulu...

                 J'ai pas voulu….

 

Aïe ! Mais c'est qui m'aurait fait mal ce con ! C'est pas croyable d'être aussi maladroit. Comment est-ce qu'on peut être aussi gauche dans des moments pareils… J'ai bien cru qu'il m'arrachait le sein, ce con. Et je vous dis pas quand il s'est jeté sur moi. Il fallait voir çà, j'ai cru qu'il avait perdu quelque chose, tant il s'éternisait et reniflait profondément. Sans parler de sa manière de me toucher ce que vous savez ! Bon Dieu, j'ose pas y repenser… Ces doigts lourdauds et bourrus me faisaient presque mal. Je ne sais pas ce qu'il foutait, mais ça ne ressemblait pas à de l'amour. Encore moins à des caresses… C'est pas croyable d'être aussi peu réceptif. Je me suis soulevée tellement j'étais pas à l'aise. Il a du penser que ça m'excitait, cet ahuris, parce qu'il a pas traîné pour rentrer le bus dans le garage. Quelle brute quand-même… C'est pas que je voulais m'éclater dans un lit de pétales de roses, mais y a un minimum tout de même. Je pouvais quand-même pas lui dire quelque chose. Pas comme çà. Pas dans un moment pareil.

Ah ! Et cette haleine… Je crois bien avoir pu déceler son repas en entier tant il respirait fort ce bougre. Et dans la tronche qu'il me soufflait contre. En plein sur le pif… Un goret. Un verrat. Et butor par-dessus le marché. Il fallait le voir s'accrocher à mes cheveux. Aïe ! Mais ça va pas ?! Et vas-y que je tambourine à la porte sans passer par la case tendresse, que je brûle les étapes et déflore la plante, sans me soucier des retombées pourvu que ça le fasse sur le  moment… A croire qu'il jouait au flipper, ce débile !

 

Je l'ai laissé croire au bonheur, ai commencé à compter les fleurs de la tapisserie histoire d'être quand-même dans cette chambre avec lui. Elle était jolie, de petites clochettes blanches au beau feuillage vert tendre. J'ai ressassé les potins du Gala que j'ai lu chez le coiffeur l'après-midi. Et dire que j'ai changée de tête pour cet empaffé ! Si c'est pas malheureux…

J'ai attendu que l'orage orgasmique pour ne pas dire cosmique, se calme, puis j'ai contrôlé par la pensée mes zones érogènes, histoire de voir s'il ne m'avait pas trop esquintée les commandes, cet animal.     

Par bonheur, tout y était. Et un de plus au palmarès des nuls. De plus, la médaille d'or pour celui-ci, sans hésitation.

 

Ah ! Et cette façon de s'accrocher à moi comme une moule à son rocher. On aurait dit qu'il avait peur de tomber dans le vide. Inutile de dire que très vite, je sentis une protubérance le long de mes reins. A peine dix minutes qu'il lui fallut avant de frapper à la porte. Plus ils sont nazes, et plus ils sont performants de ce côté-là j'ai déjà remarquée. Mais zut à la fin, c'est pas du triathlon qu'on veut, mais une jolie promenade le long d'un chemin bordé d'inattendu et de belles surprises… Mais çà, j'crois pas que c'est pour demain qu'ils le comprendront, nos mâles, enflant au moindre chatouillement.

 

C'est peut-être la nature me direz-vous, et peut-être bien que les choses doivent comme çà, j'en sais rien. Mais ce que je sais, moi,  c'est ce que je ressens, et ce que j'ai senti là, et bien c'était pas pour draguer la concupiscence, même latente, même enfouie au plus profond de mes entrailles. Na ! Au suivant…

 

  © 2008 - Didier Leuenberger - Tous droits réservés.       



Article ajouté le 2008-07-24 , consulté 95 fois

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