J'aurais voulu...
J’aurais voulu….
J’aurais voulu lui faire l’amour, lui déballer ses gros seins lourds et fermes, y plonger mon museau et respirer cette douceur mamellaire. J’aurais su cueillir son abricot avec délicatesse et la faire se cambrer en quelques mots et coups de langue, je lui aurais défait ses cheveux, me serait glissé entre ses cuisses et sous l’insistance de son désir qu’elle exprimerait sans aucune vergogne, je sentirais cette statue que mon sang se presserait de rendre vivante, et la laisserait frapper à la porte de ce temple, juste un peu gêné par quelques poils du pubis en bataille et jouant les gardiens.
Non sans fierté, j’accuserais mes lauriers, les yeux embués et le souffle haletant. Je ne sais qui baiserait qui, qui serait captif de l’autre, qui serait le plus troublé, qui jouirait en premier. Creuser la chair, ressentir ce membre distiller tant de concupiscence me brouillerait la vue, assurément ; me ferait trembler tant par ce que je donnerais que ce que je recevrais. J’étoufferais ses gémissements de plaisir en lui collant mes lèvres sur la bouche, et laisserais se mélanger les fluides lorsque le sol me semblerait se dérober sous mes pieds. Je ne quitterais pas des yeux son regard, l’observerais se busquer en la tenant de mes bras puissants à côté de ses petits membres délicats et exquis.
Je la caresserais, lui soufflerais des mots doux, contemplerais cette peau satinée que j’aurais quelque peu malmenée. Je lui demanderais comment c’était, si je fus à la hauteur, si elle se sentait bien, si elle était comblée même si cela m’effraierait d’attendre la réponse.
Nous nous enlacerions, nous serrerions très fort l’un contre l’autre. J’éprouverais sans doute un malaise, j’aurais peut-être l’impression de m’être trahi comme quoi il faut toujours aller dans le sens de la nature, mais je serais heureux.
© 2008 - Didier Leuenberger - Tous droits réservés.

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