Le zizi des anges
Le Zizi des Anges
Je trouve incroyable de devoir m'en expliquer. Mais oui, nous avons bien un zizi. Et un zizi tout ce qu'il y a dans la norme, si je puis m'exprimer ainsi. Mais que croyiez-vous, petits naïfs ? Que les anges sont dépourvus de panache ? Ou qu'ils sont flanqués d'un sexe microscopique ? S'il vous plaît ! Au diable ces balivernes…. Et remettez-vous en à votre serviteur.
Dites-vous qu'à Angel City, tout se passe comme ailleurs, côté braguette. Et oui…. Un peu déçu, j'en suis sûr ?! Pas vrai ? Vous attendiez des révélations fracassantes sur une sexualité débridée de chérubins en chaleur et en rut, sans doute capables de déchirer le ciel et saccager les nuages, lorsque l'appel de la nature est plus fort que tout ? Et bien non. Rien d'autre que ce que vous connaissez déjà, et voyez-en moi désolé pour votre curiosité mal placée, petits vicelards !!!!
Mais plus qu'un zizi, c'est d'amour que j'ai envie de vous parler ici ! D'amour et de désir, puisque je peux les dissocier l'un de l'autre. Et c'est bien ce que je suis en train de vivre, j'en ai bien peur…
Lorsque Benoît me parlait de ce problème dans son couple, je l'ai regardé avec de grands yeux d'incompréhension mais aujourd'hui je sais… Je sais que cela n'est pas un mirage. Que le désir, cet hypnotique désir nous lançant des fourmis dans tout le corps lorsque l'autre nous touche. De virulentes décharges dans le pantalon. Frappant dans nos veines jusqu'à laisser exploser tous nos sens…. Ce désir-là, s'il s'est immiscé dans ma relation actuelle en ses fastes années, est en train de foutre le camp, j'en ai bien peur.
Et voilà ou je veux en venir, car notre zizi, aussi petit soit-il pensiez-vous tous, n'en est pas moins quémandeur de sensations. Et de sensations fortes qui plus est. On veut trembler. On veut redevenir le petit garçon de jadis, celui n'ayant pas encore d'ailes, celui plus terre à terre, et tremblant de tout ce qui l'entoure. On veut… on veut que ça pique, que ça frotte, que ça fasse un peu mal, mais pas trop, comme si nous avions besoin de nous mordre pour nous réveiller. Est-ce moi ou ma moitié qui s'est endormi sur ses lauriers. Sur cet acquis qu'on croit éternel parce que pas marié. (Oui, nous nous marions à Angel City, mais moins que chez vous) Devons-nous donc sans cesses raviver ce feu sacré en y soufflant quelques éclats de fantaisie mais fantasque je le suis. Je l'ai toujours été….
Cela me fait penser à Jérémy et Christa, deux anges magnifiques au plumage jalousé de tous. Lorsqu'ils se promenaient dans les rues d'Angel City, nous ne pouvions tous nous empêcher de les imaginer en train de faire l'amour. Les fantasmes les plus déroutants nous hantaient lorsqu'on songeait à eux, mais lorsque nous apprîmes qu'ils vivaient comme deux frères et sœurs, et que cela leur suffisait et les comblait pleinement, notre frustration fut au comble. Une vraie, longue et dure frustration, je vous le dis…
Si l'ombre de leur fantasme ne hante plus les rues aujourd'hui, tous, autant que nous sommes, avons gardé l'amertume, d'un désir étouffé dans l'œuf. Quelque chose d'irréel bien plus fort que si nous l'avions vécu et pour cause… Alors je me dis que peut-être c'est cela notre problème en ce moment. A l'inverse de la fantasmagorie, ais-je moins de sensations parce que nous nous touchons depuis de nombreuses années et nous nous connaissons si bien ? Ou l'amour est-il le castrateur du désir fou. De la passion, car il n'y que dans la passion que le désir se veut le plus impétueux et indomptable ?
Bref ! Je pense qu'il est temps pour nous, et pour nombre d'entre vous qui lirez ce petit mot j'en suis certain, de mettre un peu de piments dans la chose. De sortir le joker. De se badigeonner de crème chantilly, de chocolat et autres cochonneries ameutant tous les cancrelats de la ville. Tant de poser quelques fruits sur nos formes, de manger et d'aspirer la même nouille jusqu'à se ventouser méchamment.
Oui, il est l'heure du changement. Et quoi que vous entendiez sur la cité des anges à l'avenir, ne croyez que ce que vous venez de lire, et je m'en porte garant. Honte à moi si je n'ai point dis la vérité !

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