7 Days


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                                   7 days

 

 

 

 

 

 

Comment expliquer ce que je ressens au plus profond de moi-même ? Comment, en vain, et par de simples mots, tenter d'analyser ce qui m'arrive. Cet intérieur qui saigne. Cette âme qui pleure ton absence.

Je ne vois que ton soleil qui brille encore dans mes yeux... Que ton sourire. C'est si bête la vie. Si con.

 

J'ai du me retenir avec peine, et ce, jusque chez moi, pour me laisser aller à pleurer. Te rends-tu compte, je pleure. Alors que cela m'était complètement étranger. Douloureusement manquant. Mais j'ai mal. Bon Dieu ce que j'ai mal. Mal jusqu'à manquer de souffle, jusqu'à perdre connaissance, les fourmis galopant dans ma tête se voyant trop bruyantes, pour ne pas succomber.

 

Je t'aime. Que tu le saches par ces lignes et que ces mots puissent arriver jusqu'à toi par la pensée. Je t'aime comme je n'ai jamais aimé.

Ce qu'on a vécu était grand. Etait beau. Tellement pure. Tellement sublime, que mes yeux se mouillent dès qu'ils t'imaginent. Tu es l'autre moitié. Celle qu'on recherche toute une vie durant. Celle qu'on désire ardemment laisser se mélanger à nos essences, nos rêves et nos efforts. La dernière pièce manquante d'un puzzle qu'il nous sembla toujours utopique  d'achever. Si vain, que ça ne peut être que trop beau pour être vrai. Que nos sens, à fleur de peau et exagérément sollicités durant cette semaine, ne peuvent qu'amplifier ce qu'on vécu. Jusqu'à le cataloguer de fantasmagorique. D'irréel. D'absurde. D'immature… Tout, plutôt qu'admettre. Comme si nos souffles et nos caresses légués nous brûlaient encore, même à des lieues l'un de l'autre. Même au-delà des frontières et des océans, comme si l'amour qu'on s'accorda dans la pénombre avait marqué la chair d'une encoche que jamais plus, nous ne pourrons effacer.

 

Et combien même, sept jours sont-ils suffisants pour prétendre à l'amour ? Pour légitimer ces quelques instants d'abandon et de complicité, de relation ? Le temps a-t-il une emprise et une validité quand à ce qu'on peut éprouver, ou la clepsydre se vidant n'a-t-elle aucun impact sur l'intensité de tels instants ? J'aime à croire que rien ni personne ne puisse affirmer quoi que ce soit sur ce sujet sans émettre immédiatement une réserve et être empli de doutes. La noblesse des sentiments ne se retrouve pas dans la durée mais bien dans l'intensité. Ce qui nous arrive le prouve. Que ce soit un week-end, une semaine où une année, le seul baromètre auquel l'on ne pourra jamais se fier, est celui nous faisant trembler lorsqu'on songe à l'autre…

 

Nous sommes allés loin. Très loin dans les sentiments. Il te sembla même, mieux me connaître que la personne partageant ton existence. Celle avec qui tu vis et dors depuis plus de seize ans maintenant. Celle dont tu sais les petites manies, les habitudes, les défauts.

 

On s'est dit tant de choses. Chaque mot pesé. Apportant une vérité, une émotion de plus s'encastrant dans cet espoir futile que l'on caressa en secret. Je le sais tout comme tu ne peux l'ignorer. Tout laisser tomber, prendre un avion, n'importe lequel et s'en aller à l'autre bout du monde nous a effleuré l'esprit, assurément, et sans doute aux mêmes instants.

 

Mais au lieu de ça je suis là, à me morfondre et revivre ces moments de bonheur, gardant minutieusement l'antre de ce secret, car s'en est un, comme Cerbère, le chien à trois têtes.

 

Ce manque est assassin et le déchirement qui en résulte est violent, car la flamme est là. Suffoquant, crépitant en vain, elle implore le droit d'exister. Attend qu'on la ranime et la protège de toute intrusion. Comme j'aimerais la laisser irradier tout mon être, mais jamais, je le sais, il en sera ainsi. Tu as choisis. Tu es reparti dans le vol te ramenant à ta vie. Nous le savions. Nous nous le sommes dit, avant même de nous mélanger. Tout comme nous n'ignorions pas les dégâts d'une telle passion, même si j'émets quelques réserves sur ce dernier mot. La passion ne ronge-t-elle pas ? Ne fait-elle pas perdre la raison ? Hors, il me semble avoir gardé les pieds sur terre durant toutes ces journées merveilleuses.

7 days. Oui, sept petits jours pour peut-être, nous construire demain. Je sais qu'il me faudra être patient. Laisser ce corps et ce cœur saigner encore et encore, avant de ressentir les effets bénéfiques d'une telle histoire. La plus belle peut-être que je ne vivrai jamais. Qui sait…

 

Tout mon être est minutieusement et efficacement armé contre toute attaque, qu'il s'agisse de gestes ou de mots violents, d'actes déplacés ou de railleries stupides, mais contre l'amour, ce bouclier si puissant semble être transpercé comme du beurre. Comme de l'eau. Et pour l'heure, j'ai plutôt l'impression de m'y noyer dans cette marre à souvenirs. Beaux. Grands. Lumineux. Magnifiques.

 

J'espère que nous ne gâchons pas un bonheur. Que tu ne fais pas semblant, là-bas, et que je ne ferai pas semblant, lorsque je serai avec quelqu'un. Ce serait du gâchis. Ce serait… ce serait bien dommage, car s'il semble éclabousser bien des vies et égayer nombres de maisons, il ne faut jamais perdre de vue, que le bonheur, c'est fragile. Aussi fragile qu'une feuille suspendue à la branche d'un arbre qui lui-même, reste digne et tient debout grâce aux racines plantées dans une terre pouvant à tout instant, perdre de sa superbe.

 

Mais je te promets d'essayer. Je te promets d'être heureux. Pour toi. Pour ce qu'on a vécu. Pour nous, simplement…

 

© 2007 - Didier Leuenberger -Tous droits réservés.  




Article ajouté le 2008-05-29 , consulté 118 fois

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