Les Anges peuvent attendre... Le diable est bien trop séduisant !
Les Anges peuvent attendre...Le Diable est bien trop Séduisant !
Si les anges me sont favorables, alors j'ose espérer que la maison
d'édition qui m'a touché ces dernières semaines sera toujours
intérressée par ce projet qui se veut pur divertissement, même si
derrière l'humour noir que cet objet traîne derrière lui, il y a toujours
quelque chose à creuser.
Mais si le diable s'en mêle, alors peut-être, et malgré après tout ce qui s'est passé et le parcours mené jusqu'ici (ce roman fit partie des trois derniers finalistes d'un concours d'écriture cinématographique), ce bébé ne verra pas le jour...
J'ai en effet demandé à cette maison d'édition de se renseigner sur la possibilité d'avoir plus d'aide de la région d'ou je vis afin de lancer le livre dans les plus belles conditions, mais j'attends la réponse. J'espère ne pas les avoir froissé, mais je pense qu'il faut mettre toutes les chances du côté du livre.
Extrait du livre :
Cher Karl, mon petit, à toi je peux le dire, j’ai tué ton père. Du moins, je le crois.
Oh ! Rassure-toi, il n’a pas souffert et de toute évidence, tu ne m’en tiendrais certainement point rigueur. Mais tu sais comme je suis… Toujours trop bonne, trop à regretter, à ressasser. Trop poire surtout… Sinon j’y serais allée à la hache.
Mais tranquillise-toi, fils, je l’ai fait proprement. Sans tâche ni fracas. Chaque jour à petite dose, Monsieur ton père, ingurgitait son poison que je lui versais dans son verre de vin de noix. J’avais vu ça dans un film. Il à toujours eu un penchant pour les liqueurs. Son péché mignon. Mon aubaine. Il m’aura coûté cher jusqu’au dernier jour, ce saligaud. Tu penses bien que c’est moi qui la lui achetais sa petite douceur, comme avant, comme toutes les autres fois…
Quel radin quand j’y pense…
Et me voilà ici, mon fils. Dans ce grand, cet énorme pays dont j’ai toujours rêvé sans jamais pouvoir y aller. Dieu que le ciel est immense. Jamais je n’ai vu pareil champ d’étoiles. Tu avais raison de dire qu’il était différent du nôtre. Du reste, tout est différent ici. À commencer par ces saletés de crotales faisant sonner leurs grelots au bout de leur queue, en espérant nous intimider. Mais ils ne m’impressionnent plus. Je sais comment les attraper maintenant. Je sais même les dépecer et les cuisiner. J’en ai fait ma spécialité. Tu te rends compte, Karl, ta vieille mère, en train d’arracher la peau d’un serpent à sonnette. Tu dois sans doute écarquiller de grands yeux là où tu es tant ça paraît improbable, et pourtant…
J’observe souvent les étoiles après le service, brillant comme de vrais néons dans un firmament de satin noir. Je me dis que tu y brilles quelque part, et que d’où je suis, je peux te contempler à mon aise. Ça me fait du bien. Ça me rassure. Car je te ferais remarquer que c’est un peu grâce ou à cause de toi que je me retrouve dans le fin fond du Nevada. À concocter les meilleures patates sautées de toute la région, voir de tout l’Ouest Américain. Du moins, c’est ce que prétendent certains ; les routiers, les cow-boys, et même les Stars, fils. Pas plus tard qu’hier, c’est Bruce Willis qui à débarqué avec un de ses amis pour les goûter. Je ne l’ai pas reconnu bien sûr. Ce con de Bush pourrait venir se goinfrer de patates que je ne le reconnaîtrais même pas.
A vrai dire, je ne reconnais personne car je ne connais pas plus ces messieurs dames du show-biz que les coyotes rôdant près de Little Bird. C’est le nom de mon petit restaurant, l’unique maison, un seul village à elle seule.
On appelle ce qui m’arrive, une « Success Story ». Ta mère est une « Success Story » fils, tu imagines ?
C’est ton vieux con de père qui doit se retourner dans sa tombe. Et crois-moi, il risque d’y rester encore un moment avant de penser pouvoir te rejoindre. Mais te rejoindre où ?
Il va nourrir la vermine quelque temps encore, je pense. Il leur faudra de la patience à ces bestioles rampantes, c’est un dur à cuire.
Je ne dis pas que je monterai directement au ciel, surtout après ce que j’ai fait, mais il me semble entendre davantage les anges, que le crépitement des flammes de l’enfer lorsque je tends l’oreille. De toute façon, l’enfer, j’y suis en plein dedans dans cette partie du monde, je ne peux qu’aller vers des températures plus clémentes… Mais je ne suis pas pressée, pas pressée du tout, le diable qui sévit ici-bas, est encore bien trop séduisant pour que j’entende la lyre qu’un de ces chérubins pourrait me jouer.
Qu’ils attendent donc, ces pâles angelots, ils sont bien sur leurs nuages. J’ai encore à faire ici-bas. Des tonnes de patates m’attendent pour être apprêtées dans les règles de l’art mais surtout, il y à un homme, Karl. Un compagnon, un ami. Et oui.
© 2009 - Didier Leuenberger - Tous droits réservés.

Commentaires
Chantal h... site : aboutdemots.blog4ever.com/blog/index-331077.html | le 12/07/2009 à 20:25:12Alors il en est où ce projet ?