Seuls au Monde
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Seuls au Monde
Le soleil étirait ses rayons encore fragiles jusqu'à la colline où régnait, de son imposante silhouette, un temple de Neptune en piteux état, mordu par le temps en bien des endroits. Des moutons paissaient aux abords de ces blocs de marbre ayant dû être étincelant à une époque, lorsque Phébus était au zénith. Aucune âme qui vive ne hantait ce lieu. Juste moi, moi et mon culot, moi et mon petit short serré.
Je grimpai les barrières de ce pseudo chantier et m'introduis sur cette terre des Dieux en espérant y trouver des statues de ces derniers, ou du moins, quelques morceaux, mais je me heurtai à de la chair tout ce qu'il y a de plus vivante.
Bien qu'inquiet et sursautant lorsque j'entendis éternuer, je m'avançai vers un trou béant afin de voir qui pouvait bien se cacher dans un endroit pareil. Je ne vis que ses mains. Mes yeux s'arrêtèrent sur ses doigts en ignorant tout le reste tant ils étaient beaux.
Dès cet instant, je fus pris d'une envie forte, si forte, que je ne pus que tenter de la réaliser.
Tout mon être le laissait transpirer. Ses mains-là devaient me toucher. Qu'il fusse un homme à femmes ou qu'il préfère les hommes, je m'en moquais bien, je voulais que ses doigts me tâtent, m'auscultent, me caressent, me fassent devenir fou.
Je toussai afin d'indiquer ma présence, saluai cet étranger sans quitter des yeux ses mains, l'aidai à remonter de son antre et lui passai un linge, afin qu'il s'essuie le torse accusant quelques poils disséminés parcimonieusement. Si ce n'était pas Indiana Jones, j'en ressentis les mêmes effets charmeurs que ce dernier me lança lorsque je le vis pour la première fois sur grand écran. Etait-ce le métier d'archéologue ou alors cet endroit merveilleux, surplombant une mer turquoise ? Je n'eus le temps d'y répondre que j'étais déjà assis à côté de cet homme, m'expliquant son métier et surtout, la beauté des Ephèbes ayant foulés ces lieux… Je ne cessais d'observer ses mains manipulant un caillou apparemment très important, mais dont je me moquais éperdument.
Moi, ce qui m'importait, c'était ce désir montant en moi. Comme un bruit d'orage au loin et se rapprochant à grands pas, je ne pouvais rien faire pour éviter qu'il ne gronde.
Je le sentais, je le savais, nos corps allaient s'apprivoiser, nos sueurs allaient se mélanger pour fabriquer la plus merveilleuse des huiles amenant au plaisir.
Il laissa tomber son cailloux, se baissa pour le ramasser, effleura mon genou en s'excusant, puis posa sa main sur ma jambe sans que je ne bronche d'un poil. Nos respirations s'emballèrent en même temps, nos pouls frappèrent dans nos veines sans qu'on ose se regarder dans les yeux.
Je sentis un filet de sueur descendre le long de mon échine, voulus m'installer plus confortablement, mais je n'eus le temps de soulever mon séant, qu'une main se plaça juste en dessous lorsque je me laissai retomber, ce qui me légua immédiatement des frissons.
Nous étions seuls au monde. Seuls, et aux prises avec un désir débordant de partout, surtout de mon short.
Tout alla très vite, les rires nerveux, les mots rares mais indispensables, les habits s'envolant, les grillons se taisant un instant comme pour laisser entendre ce qui allait se jouer.
Il posa sa main sur ma poitrine, ému et observant ma peau comme un cadeau du ciel, descendit jusqu'à mon nombril avant de tomber sur une dureté pleine de douceur. Ses doigts s'y accrochèrent, s'en emparèrent avec jubilation tandis que je m'efforçais de contenir mes tremblements.
J'avais peur que quelqu'un ne vienne, mais il me rassura, en serrant un peu plus fort mon pénis qu'il branlait admirablement bien. Il contempla cette tête rosée et lisse qu'il se plaisait à décalotter et à rendre vermeille, la tendant à l'extrême de ses doigts experts, me fit me lever afin de contempler mes fesses que j'avais peur de voir rougir sous les rayons insistants d'un soleil de juin au meilleur de sa forme, me les massa fermement, avant de les festoyer d'une langue méticuleuse.
Comme j'aimai. Ce fut la première fois qu'on s'intéressa à cette partie de mon anatomie de cette manière et s'en fut un délice insoupçonné. Une jouissance en soit. A partir de là, nous n'émîmes plus que des gémissements, lui, sous mes caresses grandissantes et moi, sous son expérience concise et merveilleusement efficace.
Il me retourna face à lui, s'empara de ce qui lui appartint dès ce jour, même si je le partageai avec d'autres par la suite, je décidai dès cet instant que ça lui revenait de droit.
Cette caresse chaude me fit défaillir, ma tête tomba en arrière comme celle d'une marionnette.
Voilà ce qu'il me semblait être face à mon archéologue que je prénommai Indy, un pantin, une marionnette dont il tenait les fils.
Mais plus que ce désir brûlant, il y avait un amour, un amour déroutant pour un moment si inopportun et qui à coup sûr, n'avait guère de chances de se répéter un jour. Un amour effrayant à mes sens, parce qu'un amour sincère et profond et c'était la première fois que j'en croisais vraiment un.
Oui, il m'aima ce premier jour comme il m'aima pour le reste de mon existence. De cet amour puissant et serein, me jurant que chaque lendemain méritait d'être vécu aussi assidûment que les jours précédents.
Je ressortis mon sexe de sa bouche, contemplai cette érection décidée, écarlate et brillante, avant de la remettre au chaud jusqu'à me sentir mourir de plaisir.
Comme suspendu à une corde dans le vide, j'écoutai la chair, mon sexe distillant allègrement et si magnifiquement cette douce concupiscence, avant de sentir mes forces m'abandonner, ma tête se dérober et mon esprit s'envoler.
Mon archéologue regarda ce feu d'artifice comme un enfant, avant de laisser exploser le sien dans un ciel, désormais nôtre.
© 2009 - Didier Leuenberger - Tous droits réservés.

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