La salope de Noël


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                La salope de Noël

 

                                                        

 

 

 

 

Mon Dieu, faites que je ne sois pas grillée en enfer, Seigneur tout puissant, car j’ai bien peur d’être une salope. J’ai soudoyé les charmes non discret du Père Noël pas plus tard qu’hier, alors qu’il devait descendre dans les deux derniers appartements du dessous afin d’y déposer les cadeaux demandés. Mais c’était si bon. Tellement… excitant. Je n’avais jamais pris pareil pied, je vous le dis. Pardonnez-moi, mon Seigneur, je ne suis qu’une pauvre pécheresse. Qu’une pauvre conne de brebis égarée ne sachant plus ou donner de la tête lorsque se dresse innocemment devant mes mirettes, la plus discrète des saucisses. Je ne suis qu’une traînée en cette période de fête ou je ne pense qu’à ma libido, au lieu de m’affairer à chercher les présents que je promis d’offrir, je ne l’oublie pas.

 

Quelle fougue. Quel brio. Quelle imagination. Quelle attraction ce Père Noël-ci, car je le reconnais, ce n’est pas le premier qui se fait attraper par mes pinces de maquerelle écervelée en manque. Il y en eut plus d’un. Et je ne m’en vante pas, mais que voulez-vous, arracher cette barbe et cette bedaine pour découvrir un ventre ferme me fait perdre tout contrôle. Le leur aussi.

 

Hum, malaxer ces petites fesses faisant des vas et viens et du rentre dedans sous mes cris de folle, ne peuvent que raviver des souvenirs s’éloignant de plus en plus, il faut bien le reconnaître. Car je ne suis plus toute jeune, mon Seigneur. Non, j’accuse quelques printemps de plus qu’une quinquagénaire, et même si je suis en pleine forme, ce n’est pas une excuse…

 

 Que voulez-vous, tout commença justement, à cause de cet âge me rappelant comme un couperet chaque année passant, que le temps n’est pas mon allié côté légèreté mais plutôt un frein à ce que j’estime encore, tant palpitant à mes yeux. Un jour ou la ménopause me fit plus transpirer qu’aucun autre jour, aussi, lorsque le Père Noël se trompa de porte et qu’il sonna à la mienne, ses grands yeux noirs et ses lèvres roses s’offrant à moi, mon peignoir glissa et je ne pus que m’agenouiller devant un tel don. Cadeau qui entre parenthèse, ne fut jamais égalé.

 

Ce furent donc nos râles que les enfants du dessous entendirent ce soir-là en guise de cadeaux qu’ils attendirent sagement sous le sapin. Leur maman me l’expliqua le lendemain et trouva scandaleux qu’on ne puisse plus même faire confiance au Père Noël. Je ravalai ma salive et toussai nerveusement, prétextai quelque chose allant au feu pour ne pas mourir de honte. Comme j’avais honte. Comme je fus mal durant la semaine qui suivit, mais lorsque je ressentis des picotements dans le ventre me rappelant ce doux moment avec ce faux barbu à peine adulte, je crus bien marcher sur de la mousse. À moins que ce ne fût de la neige…

 

Je passai là le plus beau des Noël et la plus satisfaisante des fins d’année, je l’avoue. Et quitte à me faire écarteler par le diable en personne, c’est ce que je souhaite à tout le monde, tant ces instants de félicités sont magiques et nourrissent un bien-être quémandé par chacun, ne rêvons pas… Amen !

                       

 

  © 2008 - Didier Leuenberger - Tous droits réservés.       

 



Article ajouté le 2008-12-17 , consulté 60 fois

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